Le 27 avril, l’Union Européenne a interdit trois néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles. La mesure prendra effet fin 2018, de quoi rassurer beaucoup d’agriculteurs.

Si les abeilles sont importantes pour les agriculteurs, c’est que 75 % de la production mondiale de nourriture dépend des pollinisateurs. Or elles sont en voie de disparition : entre 1985 et 2005, les populations d’abeilles domestiques ont chuté de 25% en Europe. Parmi les causes de mortalité, on compte notamment l’utilisation massive de certains produits phytosanitaires. Ces produits se retrouvent dans les pollens et nectars des cultures, même plusieurs années après avoir cessé un traitement, et sont absorbés par les abeilles. Il était donc urgent de s’en préoccuper.

« On a besoin des abeilles pour tous les produits. Parce que chaque plante fait des fleurs, qui ont besoin d’être fructifiées pour qu’on ait des fruits. C’est très important pour nous. » Aline, agricultrice bio à Seltz (67), se réjouit d’être préservée du fléau sur ses terres. « Chez nous on amène les abeilles, on met plein de fleurs pour qu’elles puissent butiner. On a quelques ruches aussi… »

Sa voisine de marché, apicultrice, est plus inquiète. « C’est un peu tard pour interdire [les néonicotinoïdes]. Certaines régions sont déjà très touchées ! Ici ça va pour l’instant… »

L’interdiction votée s’appliquera aux cultures en plein air, mais pas aux cultures sous-terre, et ne concernera que trois pesticides parmi tous ceux pointés comme nocifs.

Les trois pesticides concernés (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) étaient critiqués depuis le début de leur utilisation, il y a plus de 20 ans. En 1994, des apiculteurs alertaient déjà sur leurs effets mortels pour les abeilles. Produits par le géant Bayer, qui s’apprête à racheter Monsanto, ils n’ont été que très tardivement soumis à des recherches scientifiques pour prouver leur toxicité. Les néonicotinoïdes sont pourtant la famille d’insecticides la plus vendue dans le monde.

Après le renouvellement, en novembre dernier, de l’autorisation du glyphosate de Monsanto, il semblerait que l’Union Européenne tente de prouver son indépendance des lobbys. Dans la même démarche, une commission du Parlement a vu le jour en janvier 2018, pour étudier les conditions d’autorisation des pesticides en Europe. Aura-t-on, finalement, un contre-pouvoir à l’industrie Bayer-Monsanto ?

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